Apnée du sommeil: bien plus que de simples ronflements

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Date

20 juil 2026

L’apnée du sommeil est une affection souvent réduite à de forts ronflements ou à une somnolence pendant la journée. Pourtant, la réalité médicale est bien plus complexe. En cas d’apnée du sommeil, la respiration est perturbée de manière répétée pendant le sommeil, ce qui a des conséquences sur la qualité du sommeil, le taux d’oxygène et la sollicitation du corps. Dans notre laboratoire du sommeil, cette problématique est prise en charge dans le cadre d’une médecine du sommeil spécialisée, en étroite collaboration entre les services de pneumologie, de neurologie et le centre tête et cou.

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil?

La forme la plus fréquente est le syndrome d'apnées obstructives du sommeil, également appelé SAOS. Dans ce cas, les voies respiratoires supérieures se ferment de manière répétée, partiellement ou complètement, pendant le sommeil. La respiration diminue alors fortement ou s’interrompt temporairement. Cela provoque de brefs micro-éveils, perturbe le sommeil et entraîne des variations du taux d’oxygène.

Pour de nombreuses personnes, ce processus passe inaperçu. Elles ne se souviennent pas des pauses respiratoires nocturnes, mais en ressentent bien les conséquences: un sommeil non réparateur, de la fatigue, des difficultés de concentration ou une sensation de lourdeur au réveil. L’affection se manifeste donc pendant le sommeil, mais ses répercussions se font souvent sentir durant la journée.

Bien plus qu’un simple trouble gênant du sommeil

Comme le corps doit sans cesse réagir aux interruptions répétées de la respiration, un stress physiologique s’installe. Le sommeil est fragmenté, le taux d’oxygène baisse temporairement et le système nerveux reste activé. Cela explique pourquoi l’apnée du sommeil revêt une importance médicale à long terme. Les formes graves d’apnée du sommeil, en particulier, sont associées à un risque accru de maladies cardiovasculaires.

Il est important de ne pas considérer l’apnée du sommeil comme de « simples ronflements ». Il est possible de ronfler sans souffrir d’apnée du sommeil, mais l’apnée du sommeil est une véritable affection médicale qui nécessite des mesures objectives afin d’en évaluer correctement la gravité et la portée clinique.

La Dr Joke Leemans, pneumologue à l’hôpital Sint-Trudo et spécialisée dans l’apnée du sommeil, explique : « Lorsqu’on parle d’apnée du sommeil, on pense souvent à des hommes en surpoids qui ronflent. De ce fait, le diagnostic est souvent sous-estimé chez les femmes, qui présentent des symptômes moins “typiques”. La fatigue, un sommeil non réparateur et des difficultés à rester endormie peuvent également indiquer, chez les femmes, une apnée du sommeil comme cause sous-jacente. En cas de doute, il est préférable d’en parler avec son médecin généraliste ou un spécialiste. Un diagnostic et un traitement adéquats peuvent améliorer sensiblement la qualité du sommeil ainsi que l’état de santé général. »
Longarts dr. Joke Leemans van het slaaplabo in Sint-Trudo Ziekenhuis.
La Dr Joke Leemans, pneumologue spécialisée dans l’apnée du sommeil, fait partie de l’équipe médicale du laboratoire du sommeil de l’hôpital Sint-Trudo.

Quelle est la différence entre le ronflement et l'apnée du sommeil?

Le ronflement est causé par des vibrations des voies respiratoires supérieures pendant le sommeil. Cela peut être gênant, mais ne constitue pas en soi une affection médicale.
En cas d' apnée du sommeil, le problème est plus grave: les voies respiratoires se rétrécissent ou se ferment temporairement, ce qui entraîne une diminution ou un arrêt répétés de la respiration. Cela perturbe le sommeil et peut avoir des conséquences médicales. Une étude du sommeil est parfois nécessaire pour établir la différence entre le ronflement et l’apnée du sommeil.

Persoon die in bed slaapt met een kussen tegen de oren.
Photographe : minh đô | Source : Unsplash

Comment évalueons-nous la gravité de l’apnée du sommeil?

Pour évaluer l'apnée du sommeil, les médecins examinent notamment l'IAH, l'indice d'apnée-hypopnée. Ce chiffre indique le nombre moyen d'arrêts respiratoires et d'interruptions partielles de la respiration par heure de sommeil. Au niveau international, on parle généralement d’apnée du sommeil légère à partir de 5 interruptions par heure, d’apnée modérée à partir de 15 et d’apnée sévère à partir de 30. Cependant, ce chiffre ne représente qu’une partie du tableau. La gravité des baisses de taux d’oxygène, la perturbation du sommeil et le tableau clinique général sont également des éléments importants.

Cette distinction est cruciale pour les patients qui recherchent des informations en ligne. Un chiffre à lui seul ne dit pas tout. Deux personnes présentant un indice similaire peuvent tout de même avoir un tableau clinique ou un profil de risque très différent. C’est précisément pour cette raison que l’interprétation s’inscrit toujours dans un cadre médical plus large.

Comment traite-t-on l’apnée du sommeil?

Un diagnostic correct commence par un examen approfondi du sommeil. Dans notre laboratoire du sommeil, cela se fait par polysomnographie. Cette technique permet d’enregistrer différents paramètres pendant la nuit, tels que la respiration, la saturation en oxygène, la qualité du sommeil et les mouvements.

​Tous les parcours ne commencent pas de la même manière

Le traitement le plus connu de l’apnée obstructive du sommeil est la CPAP, qui consiste à administrer de l’air sous légère surpression via un masque afin de maintenir les voies respiratoires supérieures ouvertes pendant le sommeil. Chez un petit groupe de patients, un traitement par attelle (MRA) peut également suffire.

Cependant, il n’ existe pas de traitement unique valable pour tout le monde. Le choix dépend de la gravité de la pathologie, des résultats objectifs de l’étude du sommeil, de la nature des symptômes et du profil médical global. En Belgique, le traitement est en outre déterminé par des critères médicaux et de remboursement clairs. Par conséquent, un diagnostic correct n’est pas seulement souhaitable, mais constitue la base de tout le parcours de soins.

Pourquoi le rôle du laboratoire du sommeil est-il si important ?

L’apnée du sommeil semble parfois simple : ronflements, arrêts respiratoires, un test et éventuellement un appareil. En réalité, cette affection nécessite une évaluation précise. Tous les problèmes de ronflement ne sont pas synonymes d’apnée du sommeil. Toutes les apnées du sommeil ne sont pas d’une gravité égale. Et tous les traitements ne conviennent pas à tous les patients.

À l’hôpital Sint-Trudo, le laboratoire du sommeil travaille donc en étroite collaboration avec les services de pneumologie, de neurologie et le centre de chirurgie cervico-faciale, en mettant l’accent sur un diagnostic spécialisé des troubles du sommeil liés à la respiration.

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